Article paru dans le magazine varois Lou Nistoun - Mars 2022
UN FRANÇAIS SUR CINQ !
Lou Nistoun défend l’univers associatif, tout comme les entrepreneurs (voir Les Pages Vertes de lou-nistoun.com). Et c’est une de nos fiertés.
La naissance d’une association, les JARDINS D’ISSOLE (Garéoult, La Roquebrussanne, Néoules), a reçu le soutien de Lou Nistoun et START internet & référencement sous la forme d’un site internet, jardinsdissole.com.
Tous nos contacts avec ces associations nous ont invité à regarder de plus près ce qu’est le monde associatif aujourd’hui en France.
Un formidable élan de partage et de solidarité, qui fait partie de ce qu’on appelle la « société civile » ou « organisations non gouvernementales », les ONG.
1,3 MILLIONS D’ASSOCIATIONS
Une étude de France Bénévolat-Crédit Mutuel de 2019, montre qu’environ 20 millions de français donnent de leur temps bénévolement (38 % de la population des plus de 15 ans), parmi lesquels 13 millions dans les 1,3 millions d’associations, type Loi 1901. Deux millions seulement pour des actions syndicales, politiques ou religieuses. Soit 23 % de la population de plus de 16 ans qui participe au mouvement associatif ! C’est un peu plus d’un français sur cinq.
UN LONG COMBAT
Pendant tout le XIXe siècle, l’article 291 du Code Pénal de 1810 (Code Napoléon, qui a également rétabli l’esclavage (1802) et a supprimé le droit de vote des femmes (1804) soit dit en passant) « réglemente » pour ne pas dire muselle toute aspiration à se réunir : « Nulle association de plus de vingt personnes […] ne pourra se former sans l'agrément du Gouvernement. ». Il faudra attendre la IIIe République, en 1880, pour que cela change. Elle compte à son actif : la liberté syndicale (loi du 21 mars 1884), la séparation de l’Église et de l’État (laïcité de l'État et liberté des cultes - loi du 9 décembre 1905), l’école gratuite et l’instruction obligatoire (Jules Ferry – 28 mars 1882) et bien sûr la liberté d’association (loi du 1er juillet 1901). La fameuse « Loi 1901 » du monde associatif.
UNE CERTAINE STABILITÉ
En moyenne, ce sont 190 associations qui naissent par jour en France (70.000 par an) ! Un peu moins qui disparaissent. Avec une légère croissance du nombre d’associations sans salarié (+2,3%) et une légère baisse des associations avec salariés (-0,3%). D’après les études de l’INJEP, la répartition des domaines d’activité est la suivante : 25 % dans le domaine de la culture, spectacles et activités artistiques ; 17 % pour les loisirs, divertissement et vie sociale, 16 % pour le sport et 13 % pour la défense de causes, des droits et désintérêts. Sous la barre des 10 %, on trouve l’action sociale humanitaire et caritative (7%), l'enseignement, la formation et la recherche (6%), la santé (4%).
12 à 17 MILLIARDS D’EUROS PAR AN
L’action bénévole ne relève évidemment pas du travail rémunéré. Et n’est donc pas comptabilisée dans le Produit intérieur brut (PIB). Le « travail » bénévole crée pourtant de la valeur : on l’estime entre 12 et 17 milliards d’euros par an, soit environ 1 % du PIB. Selon une recherche de Lionel Prouteau et François-Charles Wolff dans « Économie et Statistique » cela représente 820 000 emplois à plein temps.
FEMMES AU FOYER, UN AUTRE BÉNÉVOLAT ?…
Une étude conduite par Pronto Pro, plateforme digitale mettant en relation professionnels et clients potentiels, a évalué à un peu plus de 5 Smics, 6.400 euros net par mois, le salaire que devrait toucher les femmes au foyer sur la base des heures qu'elles effectuent en tant qu'aide-ménagère dès le matin, cuisinier à midi et le soir, animateur des jeux pour enfants, chauffeur pour les allers-retours à l’école, au poney, au judo ou à la contrebasse !
Cela donne bien sûr à réfléchir, quand on sait par ailleurs que le montant de la retraite à partir de 65 ans d’une femme vivant seule et qui a été toute sa vie mère au foyer est de... 916,78 euros par mois en 2022. Motif de la punition : « elle n’a jamais travaillé » !
Michel BRASSINNE
michel.brassinne@gmail.com
Paru dans LOU NISTOUN – Mars 2022